Enfance et racisme

Cet article sera très (trop?) personnel. Je sais qu’au moment où je l’écris, je mettrais un moment à le publier. Il ne sera pas conciliant, il ne sera pas facile, et surtout il fera chier les patriotes.

La République ne m’a pas accueilli, elle m’a toléré tout au plus. Et je l’ai su vite, très vite.

Souvent, je lis de part et d’autres, des témoignages de racisés qui se sentent redevables à la France, qui la louent, qui se contentent des opportunités qu’ils ont pu grappiller, et qui ne supportent pas les autres qui l’ouvrent. Nous, les ingrats qui ne la portons pas aux nues. Ces personnes me font chier, ce sont des égoïstes qui ne regardent que de par leurs lucarnes la vie.

Quant aux blancs privilégiés qui font ce genre de réflexion…*Shrug* Je ne commencerais même pas avec ceux-là.

Pour moi, France a rimé très tôt avec exclusion. Je ne suis pas de la  grande ville, mais d’une petite ville en lisière de campagne. Quand mes parents s’y sont installés, nous étions parmi les premières familles noires du coin. Ce genre de mauvaise situation…

J’ai toujours aimé l’école, aussi loin que je puisse me souvenir. Ma mère me raconte souvent que j’étais la seule enfant pleurant quand on venait la chercher en fin de journée. Cependant, une chose m’empêchait d’apprécier l’école autant que je le voulais : mes camarades de classe.

On dit souvent que les enfants sont cruels. Ce qui est sûr, c’est qu’ils peuvent absorber les préjugés racistes, vite et tôt. Toutes mes classes de maternelle ont été un long chemin de solitude en classe. Aucun ami. Pas un seul. Toujours dégagée des jeux de cours de récré, poussée des balançoires et autres toboggans, toujours choisie en dernier pour les activités de groupe, et surtout le pire moment de la journée : le trajet de retour jusqu’à la maison sous les insultes racistes.

Comme vous pouvez vous en douter, ma couleur de peau était associée à tous les synonymes possible du crottin et de la saleté en général par des enfants qui bénéficiaient du sourire complice de leurs racistes de parents. Quand elle venait me chercher, ma mère était la reine au jeu « Trouver des excuses à l’inexcusable », ainsi elle me signalait d’ignorer les quolibets, et de ne pas y prêter attention.

Mais comment ignorer une meute de chiens qui aboient en permanence? J’essayais parfois de répliquer mais seule contre tous, on ne fait pas le poids. Je me rappelle vaguement d’une fois où je me balançais sur le cheval à ressort de la cour au moment de rentrer, et où je refusais à cor et cri de quitter ce cheval, sachant pertinemment que le quitter signifiait le début de ce trajet infernal.

Même pas 4 ans, et je savais déjà que j’étais une intruse dans ce pays des soit-disant droits de l’homme. Belle blague, les droits de l’homme…

Si j’essaye d’analyser un peu cette exclusion sociale, ironiquement, elle n’a pu qu’arriver justement parce que mes parents n’étaient pas pauvres (comme la plupart des racisés sont « censés » l’être), je n’évoluais donc pas dans un quartier très populaire (bien que restant modeste) où la mixité raciale existait (mais étant loin d’âtre optimale). L’école du coin était donc très blanche.

C’est pourquoi encore une fois, l’analyse de la race en intersection avec les autres axes est importante. C’est finalement ma classe un peu aisée qui a permis ce racisme précoce, ovni que j’étais, introduit dans un espace non attendu. J’aurais été à ma place de pauvre en ville, encore mieux dans une cité de la ville, que ma première prise avec le racisme aurait sûrement prise une forme bien différente.

Je pense que la seule chose qui m’a permis d’avoir une enfance positive dans cette période là a été le communautarisme de mes parents, très loin de l’idéal républicain.

Pour tous ceux qui sont les premiers à cracher dessus, si mes parents n’avaient pas cultivé l’entre-soi et eu donc de nombreux amis ayant des enfants aussi noirs que moi, avec lesquels j’ai pu m’amuser et faire des bêtises, je serais sûrement aujourd’hui une personne beaucoup moins positive que je le suis actuellement. J’ai pu ainsi avoir des amis d’enfance avec lesquels je me suis construite, chose qui m’aurait été impossible, ne pouvant accéder alors à la communauté des dominants – elle, jamais décriée.

Non, vraiment, je ne me sens pas redevable envers la République. Pour moi, elle a été dès le départ « Liberté, égalité, et fraternité entre personnes blanches », et on allait encore me le prouver par la suite….*A suivre*

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16 thoughts on “Enfance et racisme

  1. Ping : Johanna (bb_lu56) | Pearltrees

  2. Ping : Introduction au questionnement personnel sur l’identité | Ms. DreydFul

  3. Ton combat est le reflet de ton enfance, de ton vécu. Il en est souvent de même de tous les combats.
    Je le trouve très juste et justifié.

    Lors de nos échanges « houleux » (mais ça, c’était avant…), je t’avais raconté que mon enfance n’avait pas été facile non-plus mais je n’avais pas mesuré le décalage inhérent au fait que je suis Blanc. Et donc « privilégié » ! Mea culpa.

    De par ma conscience, mon vécu…, je me suis toujours vu comme un « allié » né alors que j’étais aliéné par le système, la société, l’éducation…basé entre autres sur l’héritage ancestral colonialiste… Je ne suis et ne peut être patriote pour cela (et autres raisons).

    Merci encore de m’avoir ouvert les yeux et l’esprit !

    Il est notoire que racisme = discrimination alors qu’il n’en est rien ! Et tu le démontre très bien ici et ailleurs.

    il est également admis que « communautarisme » rime avec extrémisme, repli sur soi, manque d’ouverture, etc. Pourtant, en constatant que cela t’ as « sauvé la vie » (et pas que ça), on se rend bien compte que là aussi, il faille regarder et comprendre les choses sous un autre angle: celui du bon sens, de la survie,

  4. Ping : Enfance et racisme, la suite : plus que les gens, un système | Ms. DreydFul

  5. Je n’avais pas lu cet article.

    Il me permet de mieux te connaitre, de mieux comprendre. Je suis désolé que des enfants s’en soit prit à toi pour ta couleur de peau, toi, qui est en plus est, je suis sur, une personne bien, et je suis désolé que tu ai vécu dans une ambiance communautaire.

    A mon sens le fait qu’une ambiance communautaire t’es tenue debout est aussi négatif que ce qui m’a tenu debout souvent dans mon enfance …….. la haine au ventre.

    Souvent j’ai ai voulu aux gens que personne ne disent « stop », c’est ainsi il faut faire avec.

    Ton blog est vraiment bien fait, tu as un raisonnement bien construit je ne serais jamais d’accord sur tout et peut être qu’a tes yeux ça fait de moi un ennemi.

    Mais quelque part sache qu’un blanc peut se sentir proche de toi tout en ayant jamais eu en lui la haine de cette république et la haine de son pays alors qu’il ne recevait rien de positif.

    Un patriote, ni dominant, ni ayant eu une grosse part du gâteau à manger

    • Je pense que tu me voies comme quelqu’un de beaucoup plus manichéen que je ne le suis en réalité…
      La question n’est pas d’être « ennemi » ou « ami », mais de dénoncer des faits ou non…
      Ne pas reconnaître qu’en tt que blanc, on est privilégié (dominant au niveau du racisme), c’est pr moi faire ressortir son racisme inconscient ou vivre au pays de Candy. Dans les 2 cas, je ne peux pas y faire grand chose, c’est l’analyse que j’achète.
      Je ne regrette pas l’ambiance communautaire que j’ai vécu : c’est reposant. On a pas à faire face au sentiment d’étrangeté vécu par sa couleur de peau. On est enfin accepté – du moins, sur ce point là…
      Lier le communautarisme à la haine de l’autre n’a pas de sens à mes yeux : la haine aurait pu naître de la situation de rejet (qui ne change pas, qq soit la solution qu’on lui apporte). Je comprends la haine, mais je n’en ressens pas. De la colère, oui. De la haine, non.
      Si je haïssais la France, je l’aurais déjà quitté…Contrairement à d’autres, ça je suis en situation de pouvoir le faire.
      Bref, je ne pense pas être meilleure que d’autres : quelqu’un de « bien » ne veut rien dire en absolu. Par contre, lorsque du tort est commis, ça se voit et il faut le dire. C’est ma démarche.

      Merci du compliment sur mon blog néanmoins, et d’avoir commenté…

      • Je ne suis pas d’accord sur le communautarisme c’est la source même du racisme dont je te parle souvent. Le communautarisme c’est le fait de vivre avec des reflets de toi même. Ne pas se confronter à l’autre et surtout ne pas aller vers l’autre.
        Le communautarisme c’est de vivre avec des gens qui te diront oui à chaque idée vu qu’il la partage déjà.

        Concernant ta colère elle est légitime je te l’ai dit je peux la comprendre, si j’avais la solution pour l’apaiser je le ferais avec plaisir.

        Et au final une personne bien ça a du sens pour moi. Je vais finir en citant une personne 😉

        « Lorsque du tort est commis, ça se voit et il faut le dire » Et je garde en moi l’espoir que cette personne dénoncera tout les « tort » pas juste une partie. 😉

  6. Ton article fait un peu écho en moi bien que de façon différente forcément, je crois comprendre ce que tu veux dire par intérioriser le racisme et même « pire ». Moi j’ai été adopté et deux de mes sœurs l’ont été également.

    On a vécu aussi dans un village dans le nord de la France et mes sœurs et moi avons été littéralement les seuls noirs du coin jusqu’au lycée. J’ai grandi pendant un moment avec ce sentiment étrange de devoir être redevable en tant qu’enfant adopté. On m’a tellement répété la chance que j’avais que j’en ai développé une sorte de sentiment de culpabilité quand je ressentais le besoin de me plaindre face à des insultes ou des brimades. Les attaques que subissaient mes sœurs, un jour quelqu’un a traité ma grande sœur de guenon et l’a frappé comme ça pour rien bref

    Ce paradoxe à s’entendre dire que je n’avais pas honte d’être noir même si les images qui m’étaient renvoyé été très négatives (Les noirs sont bon à rien, incultes, noirs, isentent mauvais, vol, viol, son des barbares, crèvent la dalle, infoutu de se sortir de la pauvreté ou de la guerre, on le sida, sont primitifs etc.)

    Mais je me suis intégré en faisant le clown au départ puis plus tard en étant le noir de service et en étant là où on m’attendait inconsciemment ou non. A une époque je crois bien que j’avais développer une sorte de racisme envers les autres noirs. Je veux dire que j’avais appris à pas me détesté moi même mais inconsciemment j’en voulais aux autres noirs que je pensais presque responsables de ce que je subissais.

    On a tellement passé de temps à m’expliquer que moi et mes sœurs ont été pas des noirs comme les autres, qu’on était bien nous etc Le fait d’être adopté expliqué à la fois tout ( Ah c’est donc pour ça que tu es un noir différent !) et était source de temps de trouble pour moi : toutes les questions et la complexité de l’adoption plénière et le rapport à ses parents. Pourquoi tu es noirs et tes parents blancs ? C’est pas bizarre ? Oui, non, je ne sais pas … Ma mère me disant c’est comme si on t’avait fait il n’y a pas de différence … Mais en fait si mais non … Pourquoi on me dit de te méchanceté parfois ? Mais on apprend vite à éviter de se plaindre.

    A un moment mes parents on décidé de déménager vers … pire pour moi encore plus la campagne et encore aujourd’hui je déteste cet endroit car j’y ai passé mon adolescence et ou j’avais beaucoup plus conscience du racisme que pendant mon enfance et qu’on évoqué pas le sujet avec eux. Bref et arrivé le lycée où je me suis senti moins seul parce qu’il y avait d’autre minorité. En fréquentant d’autre noirs j’ai un dépassé ma propre névrose même si ça reste compliqué comme on me l’a dit aussi : Tu n’es pas l’un d’entre nous ! Tu es différents, on t’as déracinés etc De fait je n’ai aucun ami noir et je continue à plus ou moins évité les rassemblement  » communautaire  » car je ne m’y sens pas à ma place du coup pour moi la notion de communauté est aussi quelque-chose de compliqué souvent  » j’oublie que je suis noir  » et j’ose rarement aborder la question du racisme concernant les noirs surtout celui que j’ai subit directement en société.

    La question des institutions républicaine est complexe également pour moi car je dirai presque que c’est la seule identité que je revendique, le fait de me sentir profondément républicain et d’aspirer à la démocratie (Enfin je suis clairement tendance Robespierre et Rousseau n_n ) pour moi c’est en partie la république qui m’a permis de me forger une identité propre. Par contre j’ai un grief contre elle. Car c’est ainsi mais je suis le seul de ma famille et même de beaucoup d’amis à avoir déjà fait de la garde à vu en mode panier à salade, tu n’as rien à voir mais tu était dans le tas. Et je vu le racisme s’y déployer sans vergogne car des fois des gens oublient aussi que je suis noir.

    En tout cas bravo pour votre site et vos combats et merci pour vos articles.

    • Je n’ai pas répondu à ton long commentaire qui apporte pourtant beaucoup…Merci d’abord pour celui-ci.
      Ta situation a du être encore plus compliquée du fait que tu sois adopté. Je comprends que tu sois mal à l’aise dans une « communauté noire », car même à l’intérieur de celle-ci, nous avons tous nos histoires particulières.
      Même si ça ne doit pas être pareil, je comprends un peu le rejet par d’autres noirs, l’ayant déjà subi de noirs immigrés qui s’attendent à ce que tu sois « comme eux » alors que tu as un parcours différent en étant né ici.
      La question de l’identité est toujours complexe, je m’y étendrais sûrement plus tard, mais en résumant, je pense que chacun essaye de se raccrocher comme il peut aux facettes de son identité plurielle qu’il peut assumer. Je comprends donc ta difficulté avec assumer l’identité républicaine tout en lui en voulant ^^
      J’avoue que je ne sais pas ce que c’est la garde à vue et ne peut qu’imaginer l’horreur de la chose O_o Je compatis :/
      Merci encore donc du témoignage et je prends les compliments ^^ donc merci aussi pour ça! 😉

  7. Bonjour, je suis tombé sur votre blog via la « page » féminisme de seen this:

    http://seenthis.net/spip.php?page=recherche&recherche=feminisme&x=0&y=0

    Je tenais juste à vous dire que j’apprécie beaucoup votre blog (je viens de lire l’intégralité en un après midi).

    Je n’ai pas grand chose à ajouter à votre article, mais je tenais à vous remerciez pour vos témoignages et votre regard, sur un combat que je connais mal, et de pointer les attitudes/réflexions/actes raciste/sexistes que l’on peu avoir (moi le premier) au quotidien.

  8. Salut copine,
    Tellement intéressant que j’ai finalement voulu lâcher un commentaire. Par ce texte, je te comprends mieux, nos points communs et nos différences (au moins sur la question raciale) :

    1/ Nos différences de par cours : je suis issus d’un milieu social modeste, j’ai grandi en banlieue et j’ai fait mon lycée en Guyane, pour revenir ensuite en banlieue. J’ai donc toujours vécu à des endroits où les minorités étaient majoritaires. Le racisme je l’ai subit hors de mon environnement (à Paris, à la fac, pour trouver du taf etc) mais pas quotidiennement (à noter quand même que les minorités sont aussi très divisées, le racialisme/communautarisme est aussi très présents entre Antillais, Africains (noirs), Arabes malgré des faux airs d’unité). J’ai peut-être sur un certain plan été préservé par mon milieu social (mais desservis par d’autres : face aux flics ou socialement). Mais en fait même quand j’ai été immergé dans des milieux majoritairement blancs, malgré des préjugés qui peuvent exister, je n’ai pas fait face à un rejet massif : toute la différence culturelle entre les bobos parisiens, que l’on aime bien critiquer (moi le premier) et les provinciaux.

    2/ J’en viens à 2 points où je ne suis pas d’accord avec toi :
    a/ « Non, vraiment, je ne me sens pas redevable envers la République. Pour moi, elle a été dès le départ « Liberté, égalité, et fraternité entre personnes blanches », et on allait encore me le prouver par la suite… »
    Nous sommes tous redevables de la République qui nous est elle-même redevable, mais à différents degrés. Je développe : dans un 1er temps, vivre en France nous confère de nombreux avantages (sécurité sociale, école publique, infrastructures etc). De plus, il n’existe pas de racisme institutionnel, les citoyens français étant tous égaux en théorie (je dis bien en théorie). Je nie pas l’existence du racisme autant présent chez les petites gens que dans les médias (dans une logique de diviser pour mieux régner), ni ne cherche à le minimiser. Il est évident que toute forme de racisme (je dirais même de racialisme) doit être combattue. Mais, je suis tenté de dire que la France est l’un des pays les moins racistes du Monde : dans la majorité des pays une immigration aussi massive et diversifiée ethniquement que celle connue par la France sur les 3/4 dernières décennies auraient connu un rejet très massif, voire instauré un climat de guerre civile. S’il existe un racialisme c’est anthropologique : dans toute société et en ton temps, quand un étranger arrive quelque part, il y a toujours une réaction de peur et de rejet. La xénophobie existe partout, en Algérie comme au Cameroun, en Chine ou en Russie. En France, quand les blancs sont en minorité, il arrive qu’ils subissent eux aussi du racialisme (sans entrer dans l’infâme rhétorique copéo-FNiste).

    b/ « Je pense que la seule chose qui m’a permis d’avoir une enfance positive dans cette période là a été le communautarisme de mes parents, très loin de l’idéal républicain. »
    Tu as à la fois raison et tort. Ce que tu décris est le double échec à la fois de l’assimilationnisme et du multiculturalisme antiraciste de la gauche mitterrandienne. Ce qu’il faut c’est recrée un vrai champ républicain qui prendrait en compte les diversités culturelles. Si le sentiment communautaire est légitime et naturel, le communautarisme qui instaure une compétition entre communauté, des « états dans l’Etat » est à combattre. Mais là où tu as totalement raison, c’est que face à l’identitarisme, le communautarisme est la seule défense intelligente possible, je ne blâme donc ni toi, ni tes parents qui ont eu raison.

    PS : je te félicite pour tout ton combat antiraciste et féministe.

    • Hi back!
      Merci de ton commentaire intéressant, mais comme tu t’en doutes, il me fallait prendre un peu de temps avant d’y répondre *Désolée* 😉
      1) Oui, nous avons en effet des expériences de vie bien différentes qui nous façonnent…Province/Paris, Femme/Homme, Milieux majoritairement blancs/diversifiés, milieu social. D’où nos divergences donc :)…
      2) a) Bien que je concède que nous ayons des obligations envers la société *remarque l’utilisation du mot « concéder » ;)*, il ne faut pas aussi oublier que celle-ci en a aussi envers nous. Même si nous avons un privilège indéniable avec ce qu’apporte le fait d’être français, il reste qu’elle ne nous traite pas tous de la même manière *et tu comprendras mieux dans le 2ème volet*. Les lois sont une chose, leur application une autre malheureusement.
      Au vu de ton commentaire, nous ne partons pas sur les mêmes bases, qu’appelles-tu racisme institutionnel? Veux-tu juste dire qu’on est pas sous un régime ségrégationniste par exemple? Là ok. Néanmoins, je vois le racisme comme un système qui privilégie « certains » sur d' »autres » (et en ce sens, la France est bel et bien raciste, il n’y a pas de quantification en mon sens : ça l’est ou ça ne l’est pas) et c’est tout le problème de parler racisme quand on ne partage pas les mêmes définitions. C’est quelque chose que je vais réexpliquer donc je serais ici brève : pour ma part, le racisme n’est pas équivalent à discrimination raciale, ni à xénophobie, ni attitude d’hostilité envers X, comme le sens de ton commentaire semble le laisser penser.
      Différentes causes peuvent produire les mêmes effets. Comme une même cause peut produire des effets différents. C’est le cas du racisme quand on le considère comme un système global de suprématie, et non des attitudes individuelles qui seraient décorrelées les unes des autres (et qui du coup, permettent de ne pas s’appesantir sur ces problèmatiques). Et ainsi, mêmes s’il y a des préjugés raciaux partout, il n’y a pas du racisme partout.
      b) Ici, je ne suis pas sûre de comprendre ce que tu veux dire. Mais en effet, il faudrait une nouvelle façon d’envisager la société qui n’exclut pas les minorités – quelles qu’elles soient – mais les comprend toutes. Entre temps, face aux communautés de dominants DEJA existantes et elles – non dénoncées, recréer des communautés tient de la survie.
      En tout cas, merci. ^^

      • 1/ Ok
        2/
        a/ * Relis bien, je dis : « Nous sommes tous redevables de la République qui nous est elle-même redevable, mais à différents degrés. » Un régime où on ne serait que redevable à la communauté et sans réciprocité n’est qu’un régime totalitaire.
        * « Les lois sont une chose, leur application une autre malheureusement. » : certains sont plus égaux que d’autres (pour paraphraser Orwell), nous sommes d’accord. Par « racisme institutionnel », j’entends un régime ou le racisme serait institué légalement par l’Etat de façon totalement explicite (comme l’apartheid par exemple). En fait que la France soit raciste je le concède, mais de différentes manières : un noir vivant les beaux quartiers parisiens bénéficie de plus de privilège que le blanc de cité qui lui sera mieux loti que le noir du même milieu social, j’insiste en fait sur le fait que les 2 composantes jouent (raciale et sociale).
        * Je différencie racisme (suprématiste) du racialisme (qui ne fait qu’essentialiser des différences).

    • Comment être redevable à un pays qui a massacré tes ancêtres ?
      Que tu sois là à profiter de ces avantages est tt a fait normal, c’est leur dette. Il n’avaient qu’à pas nous mettre en esclavage et nous coloniser.
      Se sentir redevable envers eux est une insulte envers tes ancêtres qui sont morts pour que toi tu vives.

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