Quand le féminisme radical est profondément raciste

Hier j’ai eu le malheur de tomber sur ce torchon de Virginia Pele.

Bien que je sais bien à ce jour que le site sisyphe.org est l’un des sites représentant un féminisme des plus excluants possibles (transphobe, putophobe, raciste), ce texte fait tellement plus fort et plus haut en matière de racisme que la diffusion du racisme qu’il y a dans ce site en général, que je ne peux m’empêcher de répondre un minimum devant l’idéologie extrêmement dangereuse pour les femmes de couleur. Ainsi, je fais ici un cas d’école pour les féministes racistes.

Une lecture de La Couleur Des Sentiments, typique d’une pensée suprématiste blanche

Comme je le disais hier sur Twitter, dès la première phrase je tombe à la renverse de ma chaise : « Le film « La Couleur des sentiments » est l’un des rares mettant en scène la solidarité entre femmes contre la suprématie masculine. » Euh, Qwaah? Pardon, féministe blanche, prends un siège arrière et laisse-moi t’expliquer à quel point cette phrase est fausse. La suprématie blanche veut en effet que vous croyez que La Couleur Des Sentiments est une sympathique histoire de femmes qui s’entraident devant le racisme, alors que non, c’est juste un énième mépris de l’histoire et une appropriation de la lutte des femmes de couleur par l’autrice de ce bouquin, doublée d’une touche de complexe du Sauveur Blanc (le fait qu’elle soit femme ne change rien à l’affaire). Je ne vais pas aller plus loin, car je pense faire un article plus détaillé sur mon ressenti sur La Couleur Des Sentiments, mais Virginia Pele est tellement à côté de la plaque que son ignorance volontaire ne peut qu’être le reflet de son racisme bien intériorisé. Ce qui est d’autant plus marrant, c’est comment elle choisit d’ignorer que même dans ce foutu bouquin, les femmes blanches sont bel et bien oppressives en général, et qu’Eugénia est censée être l’antiraciste avant son temps, en dehors du troupeau. Donc Virginia Pele choisit sciemment de ne même pas évoquer cette oppression pour se concentrer sur Eugénia et dire comme quoi, « les blanches ne sont pas toutes comme ça », et que la démarche d’une femme devrait rattraper toute la  réalité (telle Jésus mourant pour les péchés du monde).

Si j’osais, je dirais que c’est typiquement de la pensée suprématiste blanche…Oh Wait!

Négation des privilèges & remise en cause du féminisme noir

« L’intersectionnalité est un piège, car elle suppose que les femmes sont auteures et bénéficiaires de privilèges de ‘classe’ et de ‘race’. » Voilà, vous êtes vite servis question négation des privilèges. Voilà pourquoi je n’aime pas beaucoup de lectures provenant de radfem, parce que la plupart place le site de l’oppression sur le critère de genre, sous-estimant ou même niant carrément les impacts selon d’autres axes. D’ailleurs, c’est ce que nous dit Pele : « Or les premiers instigateurs sont les hommes comme agents de l’oppression patriarcale. »

Voilà encore une fois l’illustration de pourquoi des femmes noires ne se revendiquent pas féministes, l’oppression selon la race est constamment niée par des femmes comme Pele qui se prétendent féministes. Retenons tout du blabla introducteur à l’intersectionnalité de ce torchon que :

  • Pele fait du whitesplaining en nous expliquant comment les femmes de couleur ne parleraient pas de la misogynie en milieu antiraciste, mais seulement du racisme en milieu féministe *Ce qui est juste un mensonge tellement gros que j’en reste coite*. Madame Pele devrait juste savoir qu’il existe un ouvrage très connu de féminisme noir intitulé « All the Women are White, All the Blacks are Men, But Some of Us are Brave ». Juste enregistrer le titre devrait être suffisant (mais c’est trop demander apparemment).
  • Citer une féministe blanche sur le racisme est aussi pertinent que de citer un homme sur le féminisme, surtout en parlant intersectionnalité.
  • Dire que les hommes sont solidaires entre eux est encore une fois une façon de nier le racisme, et de refuser le rapport de pouvoir important entre blancs et racisés.

Ce qui est encore plus marquant dans cet « article », c’est comment l’intersectionnalité n’est jamais définie, et comment Pele ne semble même pas savoir que c’est une idée émanant du féminisme noir et du womanism. Pele est tellement obnubilée par les récupérations de l’intersectionnalité par les hommes, qu’elle semble ignorer que si l’intersectionnalité se penche d’abord sur l’intersection de la race et du genre (voire de la classe), c’est parce que, eh, le concept émane d’abord des expériences des femmes noires!

Pele veut insister que l’homme est le modèle de l’humanité, et non la femme. Mais scoop pour la vision aveugle de Pele : le blanc est aussi le modèle de l’humanité, ne l’en déplaise. Donc, il est bien plus juste d’avoir une vision intersectionnelle, et de voir enfin que l’homme blanc cishet valide et aisé est le modèle de l’humanité.

Insupportable instrumentalisation des femmes de couleur, dont Alice Walker

Mais en continuant le texte, l’horreur se poursuit : on se rend compte qu’elle connait l’ouvrage All the women are white, All the Blacks are men, But some of us are Brave : Black women’s studies mais qu’elle choisit tranquillement les morceaux qui l’intéresse, notamment lorsque qu’il s’agit de fustiger le sexisme des hommes noirs (après avoir commencé à mentir que les femmes noires ne reprochent pas le sexisme des mouvements antiracistes). Virginia Pele, peux-tu relire le titre de l’ouvrage s’il te plait? Il ne s’appelle pas « All the Blacks are men, But some of us are Brave  » : les femmes noires ont toujours su dénoncer le sexisme de tous les hommes et le racisme de tous les blancs.

Mais bon, l’autrice croit qu’elle connait plus de choses que bell hooks. Oui, vous avez bien lu. Pele continue son whitesplaining : « Hooks affirme que la domination masculine n’est pas le problème principal des femmes de couleur et pauvres. Or la structure même du racisme et du capitalisme est phallocrate, mais pire encore, Hooks reconnaît certaines manifestations patriarcales comme étant une simple « caricature du chauvinisme mâle », mais qui en aucun cas n’assure aux hommes noirs un statut social privilégié, surtout par rapport aux femmes blanches. Nous voilà donc face à une légitimation de la domination masculine. » Je n’ai même pas de mots devant l’absurdité de ces propos.

Et la cerise sur le pompon de l’immondice, c’est quand il s’agit pour une fois d’évoquer encore une autre femme noire notoire activiste, c’est pour mieux l’instrumentaliser et prendre seulement ce qui sert notre argument (à savoir, les hommes noirs sont aussi machistes donc sororité en avant toute!). Génial. Alice Walker n’a pas fait qu’écrire La Couleur Poupre, Ms Pele. Elle est aussi à l’origine du womanism, remettant radicalement en cause le fait de voir les hommes (toutes races confondues) comme les premiers oppresseurs, et de désigner le sexisme comme seul site d’oppression. La citer en conclusion et refuser de prendre en compte la totalité de sa pensée intersectionnelle (ne vous en déplaise) est une insulte terrible. Juste terrible.

Et bien sûr la conclusion en dessert de ce torchon est à la hauteur de l’entrée et du plat de résistance : Virginia Pele réussit à nous faire un point bingo. Elle nous sort un truc style racisme antiblanc merveilleux. Je vous laisse juge : « Réduire le féminisme à une propriété privée des femmes blanches est également inopérant, et là se trouve le véritable racisme. »

Bref, merci pour cette grosse tranche de racisme, Virginia Pele. Trop d’honneur.

EDIT 25/11/2013 : Entre-temps, j’ai eu à compiler un storify pour illustrer les « réponses », suite à cet article. Comme vous pouvez le voir, cela sert d’exemple pour montrer pourquoi dénoncer ce racisme moins évident est utile : car derrière se cache toujours le racisme le plus primaire qui est alors mis à nu. En complément, vous pouvez lire l’article de Po Lomani, constituant un nouvel exemple et une suite de lorsque le féminisme radical reste raciste.

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26 thoughts on “Quand le féminisme radical est profondément raciste

  1. Ping : White feminism | Pearltrees

  2. Ping : Critiques | Pearltrees

  3. Ping : Je ne suis pas sûre que l’on soit toutes des guenons | équimauves

  4. « Pele fait du whitesplaining en nous expliquant comment les femmes de couleur ne parleraient pas de la misogynie en milieu antiraciste, mais seulement du racisme en milieu féministe » -> « Tu critiques [discrimination n°1] uniquement quand ça se passe au sein de [groupe subissant discrimination n°2, auquel tu appartiens aussi]. Tu as tort car [discrimination n°2] est la Discrimination Ultime Qui Chapeaute Toutes Les Autres. »
    La même histoire, toujours, décliné à toutes les sauces. Les anticapitalistes hommes qui chouinent quand on leur parle de leur sexisme (le Capitalisme est Le Grand Méchant). Les féministes blanches qui chouinent quand on leur parle de leur racisme (le Sexisme est La Discrimination). Les lesbiennes qui chouinent quand on leur parle de leur biphobie/transphobie (la Lesbophobie/le Sexisme est La Discrimination). Etc. etc.
    Ce qui me désespère le plus je crois ce sont ces gens qui parviennent à être à moitié intersectionnel. Sur les dimensions qui les intéressent, ils ont un discours très sensé, mais dès qu’on en sort, y a plus personne.

    Merci pour cet article. Pas la première fois que j’entends du mal de sisyphe (je me demande si j’avais pas lu des horreurs transphobes dessus d’ailleurs…). Comme ça au moins je suis bien sûre que je rate rien en m’abstenant de cliquer…

    • Le pire, c’est qu’il peut y avoir du bon sur sysiphe, mais à côté de tellement de mauvais qu’il faut aussi le dire.

      Lorsqu’on soutient tranquillement plusieurs textes transphobes, racistes, et/ou putophobes en disant « tout va bien », pour qui alors parle ce média?

  5. Vous m’envoyez bien déçue, je pensais que c’était un bon compromis. Merci de me confier le monopole du racisme. Même si vous m’en apprenez une fort intéressante, car je pensais que les races n’existaient pas. Cordialement.

    • « Même si vous m’en apprenez une fort intéressante, car je pensais que les races n’existaient pas »

      *FACEPALM*

      Le fait que les races n’existent pas biologiquement n’empêche pas l’existence du racisme. Comme le genre, les races sont des constructions sociales par rapport auxquelles des systèmes de domination et d’oppression se sont formés historiquement. Là où l’axe d’oppression sexiste place le mâle en position de privilège par rapport à la femme, l’axe raciste place les personnes dites blanches en position de privilège par rapport aux personnes non-blanches.
      Le privilège n’étant que l’absence d’oppression selon un axe donné, il est très facile d’ignorer voire de nier l’existence de cet axe d’oppression ou même de les réduire à des sous-oppressions découlant de celle dont on est victime.
      Vous semblez être dans ce dernier cas en sous-entendant un peu plus haut que la lutte anti-raciste n’a rien de spécifique et est entièrement dépendante du combat féministe (ce qui est complètement faux, mais l’admettre vous conduirait à admettre votre propre privilège blanc et j’ai dans l’idée qu’on peut se gratter). Au final vous ne valez pas beaucoup mieux que le mec qui n’a rien lu sur le genre mais qui argue que le féminisme est une sous-branche du combat humaniste.

    • Niveau zéro de la pensée « les races n’existent pas ». Les sexes non plus, ce sont des constructions sociales, donc le sexisme n’existe pas ?

      Pitoyable vous êtes.

    • Contrairement à ce que vous pensez, je comprends très bien votre racisme (Merci pour la tranche supplémentaire)…Mais continuez à penser que toutes celles qui connaissent mieux que vous le racisme s’égarent et se trompent…*Chose que vous n’accepterez pas 5s si c’était un homme qui vous parlait comme ça*

  6. Ping : Racisme ordinaire | Pearltrees

  7. Ping : Quand le féminisme radical est profond&e...

  8. Merci pour cet article! Même si, d’un côté je comprends le côté « ne pas vouloir répondre à l’insulte » aussi appelé « bave de crapaud sur blanche colombe », je trouve super important que ce type de discours soit déconstruit. J’imagine assez le/la féministe en herbe qui commence à chercher des informations, qui tombe là-dessus et que parce que c’est bien écrit, parce que c’est « pseudo » référencé, et qu’elle se sent pas encore trop légitime dans son féminisme se dit « ah ouais ok c’est vrai » en mettant le malaise qu’elle peut avoir ressenti en lisant le texte de Pele de côté. du coup, tomber sur ce type d’article clair et concis c’est exactement ce qui lui faut…

    • Oui oui et oui, vraiment, ce genre de textes est très important. Je sors moi aussi d’une période de « c’est donné trop d’importance/d’honneur », mais finalement c’est aussi une forme de silenciation, alors fuck off, même face aux torchons, répondons!

      Et merci Ms Dreydful ♥

  9. C’était faire trop d’honneur à ce torchon que d’y consacrer un billet, mais je te suis sur toute la ligne. C’est de l’expérience tangible des femmes racisées qu’est née le concept d’intersectionnalité et c’est une pure escroquerie intellectuelle de prétendre qu’il est un outil de division des femmes.

    Pour analogie: à pas mal d’égards ça me rappelle ces groupes dominants excluants les minorités des cercles de pouvoir et, quand ces minorités finissent par s’organiser pour pouvoir se faire entendre ou simplement trouver des espaces safes sans y subir le poids de la discrimination, le groupe dominant taxera de « communautariste » cette démarche et de danger à l’intégration.

    Quant à la « Couleur des Sentiments », archétype du white saviorim, il participe à mon avis à une réécriture dangereuse de l’histoire en minimisant les oppressions, puisqu’il réduit pratiquement l’immense poids des oppressions racistes et sexistes à quelques petits malheurs domestiques. C’est bien gentillet de vouloir dépeindre l’Amérique ségrégationniste comme une succession de petites querelles domestiques entre femmes noires et femmes blanches, mais c’est une véritable insulte à la mémoire que d’occulter les aspects les plus graves de cette oppression dans le cadre du rapport de travail domestique: le travail des enfants, les abus sexuels dans le cadre employeur-employé, l’inaccessibilité des soins et des services citoyens, l’éclatement des familles noires hérité en ligne directe des mesures esclavagistes (séparation des hommes et des femmes, des parents et des enfants, etc). Bref l’auteure aurait mieux fait de tourner son stylo 7fois dans sa main avant d’écrire. J’ai encore bcp à dire sur ce livre mais je vais attendre avec impatience ton article sur le sujet.

    • Tu as mille fois trop raison : l’insulte ne mérite pas toujours de réponse. Mais j’en vois tellement passer, et celui-là me semblait tellement un amalgame de tout que je me suis quand même lancée…

      Pour The Help, tu en fais un meilleur résumé que moi : c’est trop ça. Mais j’ai quand même envie de parler des quelques détails qui m’ont touché *pas forcément dans le bon sens comme on s’y attend ;)* Donc, je n’ajoute rien à ton résumé déjà bien utile 😀 J’attendrais ton retour sur The Help avec impatience 😉

    • Je viens de lire le livre (qu’on m’a offert, je ne l’aurais pas acheté avec les mauvais échos que j’en ai eus, notamment ici), et je suis très surprise par ce commentaire : tous ces faits y sont évoqués (« le travail des enfants, les abus sexuels dans le cadre employeur-employé, l’inaccessibilité des soins et des services citoyens, l’éclatement des familles noires hérité en ligne directe des mesures esclavagistes »).

      *ATTENTION SPOILERS*

      Les oppressions ne sont pas minimisées, rien que l’histoire des toilettes séparées (qui est le point de départ de l’action) est absolument terrible. De même, les lois Jim Crow sont la base du dénouement…Dire qu’il s’agit de « petites querelles domestiques entre femmes noires et femmes blanches », pour le coup, c’est…sexiste. Le terrain de lutte entre les femmes blanches et les femmes noires se situaient par la force des choses AUSSI dans l’espace domestique, puisque les premières y étaient cantonnées la majeure partie du temps (cf. The Feminine Mystique, qui, oui, n’est pas un exemple de féminisme inclusif et s’intéresse uniquement à la condition de la femme blanche bourgeoise, éduquée, et enfermée dans la sphère domestique – mais doit-on fermer les yeux pour autant sur ce qui a été la réalité de ces femmes ?). Toutefois, on voit bien le déplacement de cette lutte dans l’espace public (avec l’émancipation de ces femmes blanches et bourgeoises), c’est tout l’objet du bouquin !

      Par ailleurs, le complexe du White Savior n’est pas du tout éludé : il y a un regard assez critique sur l’héroïne – regard exercé dans le roman par les bonnes noires qu’elle souhaite « aider », et regard qu’elle porte sur elle-même à la fin du roman (car le personnage évolue et n’est pas forcément indulgent avec lui-même).

      Le reproche que je ferai, c’est que les bons sentiments portés par le roman ne le sont pas du tout par l’auteure, dans la genèse de son livre, c’est-à-dire qu’elle ne l’a pas écrit à quatre mains avec une femme noire, et forcément ça en limite la portée et ça ne lui permet pas de dépasser certains clichés…notamment sur les hommes noirs. Les hommes ne sont évoqués qu’à la marge, mais l’impression qu’il en reste est que les hommes blancs sont de braves types dépassés par les lubies de leurs femmes et que les hommes noirs sont violents…Et ça, c’est non seulement raciste, mais aussi sexiste. Un autre cliché auquel le roman n’échappe pas, c’est celui de la ‘Angry Black Woman’.

      Ce qui est raciste également, c’est le style du bouquin : évidemment, Kathryn Stockett écrit dans un style plus « oral » dans les chapitres relatant le point de vue des bonnes…Alors même qu’elle précise que l’une d’entre elles aime particulièrement écrire et le fait apparemment très bien (au point d’aider l’héroïne dans la rédaction de son livre et d’être embauchée dans le journal ‘pour Blancs’ local – grâce à son amie blanche, évidemment, hinhin).

      *FIN DES SPOILERS*

      Globalement, j’ai été agréablement surprise par certains aspects du roman, et pas très étonnée par d’autres. C’est un livre très nuancé, et je crois qu’il est possible de l’être également dans sa critique. En revanche, le film doit être effectivement catastrophique, car je ne vois pas bien comment retranscrire toutes ces nuances à l’écran (+ le contexte sociologique à Hollywood…)

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